Dossier cybersécurité 2026 : se croire protégé est parfois le plus grand risque
Pourquoi se croire protégé est parfois le plus grand risque
Si on vous demandait aujourd’hui si votre organisation est bien protégée, vous répondriez probablement oui. Des outils sont en place. Des décisions ont été prises. Des investissements ont été faits. Et, honnêtement, il y a de bonnes raisons de le croire.
Le problème, ce n’est pas que rien n’a été fait. Le problème, c’est que la cybersécurité n’entre presque jamais par une seule porte. Avec le temps, l’environnement évolue. Des accès sont accordés. Des systèmes changent. Des fournisseurs se branchent. Des correctifs attendent. Individuellement, ces décisions font souvent du sens. Collectivement, elles créent plusieurs points d’entrée qui deviennent moins visibles.
Chez Kezber, en accompagnant nos clients, on observe souvent ce même décalage. Les organisations se sentent protégées parce que chaque élément, pris séparément, semble sous contrôle. Mais en prenant du recul, on réalise que ce ne sont pas une, mais parfois plusieurs portes qui sont entrouvertes, pour des raisons différentes, à des moments différents.
C’est pour cette raison que ce dossier existe. Pas pour pointer des erreurs ni remettre en question les efforts faits. Mais pour ramener la réflexion au bon endroit et regarder concrètement par où une organisation peut réellement être exposée aujourd’hui, au delà de ce qu’elle croit maîtriser.
Dans les sections qui suivent, on examine ces points d’entrée tels qu’on les voit sur le terrain. Des situations courantes, souvent banales en apparence, mais qui, mises ensemble, expliquent pourquoi des incidents continuent de se produire même dans des environnements jugés solides.
Hameçonnage : le courriel de trop
On en entend parler presque chaque semaine. Individus ou entreprises, l’hameçonnage fait maintenant partie du quotidien. Un courriel anodin devient souvent le point de départ de problèmes majeurs.
Un message crédible. Une demande pressante. Un lien qui semble légitime. Aujourd’hui, personne n’est à l’abri. Les fraudeurs ont perfectionné leurs méthodes au point où la question n’est plus de savoir si quelqu’un va cliquer un jour.
L’hameçonnage n’est plus un problème technologique. Ce n’est plus une question de savoir comment le fraudeur a obtenu une adresse courriel. La vraie question est de comprendre comment il exploite le côté humain pour créer l’urgence. C’est un problème humain avant tout.
La vraie question est ce qui devient accessible après.
Après un clic, tout ne devrait pas être accessible. Pourtant, dans beaucoup d’organisations, il est difficile de répondre clairement à cette question. Qu’est ce qu’un compte peut réellement voir ou utiliser. Qu’est ce qui est restreint. Et qu’est ce qui ne l’est pas.
L’enjeu n’est pas d’éliminer toute erreur humaine. Elles arriveront. L’enjeu est de savoir si, même après une erreur, l’impact reste limité. Si l’accès est contenu. Si un clic n’ouvre pas plus qu’il ne devrait.
À lire dans ce dossier : Hameçonnage, pourquoi ça fonctionne toujours.
Accès : quand on ne sait plus qui peut voir quoi
Au départ, les accès ne posent généralement pas problème. Ils sont accordés pour de bonnes raisons. Un projet. Un remplacement. Une urgence. Sur le moment, la décision est logique.Ce qui devient flou, c’est ce qui se passe avec le temps.Les projets se terminent. Les rôles évoluent. Les équipes changent. Mais les accès, eux, restent. Peu à peu, il devient difficile d’avoir une vue claire de qui peut accéder à quoi et dans quel contexte. Ce n’est pas une négligence. C’est le résultat normal d’années d’ajustements pour que le travail continue.
Cette accumulation crée des zones grises. Des accès rarement utilisés, mais toujours actifs. Des permissions jamais revues parce qu’elles n’ont jamais causé de problème visible. C’est dans ces zones que le risque s’installe. Lorsqu’un compte est compromis, ces accès deviennent des points de passage inattendus et l’impact dépasse largement ce qui était anticipé.
La question n’est donc pas seulement de savoir si ces accès étaient justifiés à l’origine, mais si l’organisation a encore aujourd’hui une lecture claire de ce qu’ils permettent réellement.
Lien vers l’article du dossier :
Vulnérabilités non corrigées : quand le risque est déjà là
Les vulnérabilités ne sont généralement pas inconnues. Elles apparaissent dans des rapports. Elles sont parfois identifiées depuis longtemps. Le problème n’est pas l’ignorance, mais le délai.
Une vulnérabilité, c’est une porte laissée entrouverte, non pas parce qu’on ne la connaît pas, mais parce qu’elle n’a pas encore été fermée. Manque de temps. Priorités opérationnelles. Crainte de briser quelque chose. Les correctifs sont repoussés et finissent par devenir la norme. Avec le temps, ces vulnérabilités deviennent des points d’entrée silencieux. Aucun clic. Aucune erreur humaine. Elles sont simplement exploitables tant qu’elles restent ouvertes.
C’est souvent lors d’un incident qu’on réalise que certaines portes étaient connues, mais jamais complètement fermées.
Accès distants et fournisseurs : quand l’écosystème devient une porte d’entrée
Les organisations ne fonctionnent plus seules. Fournisseurs, partenaires et services externes doivent accéder à certains systèmes. Ces accès sont souvent mis en place rapidement et rarement réévalués.
Avec le temps, ils deviennent permanents. Ils traversent les changements d’équipe, les fins de mandat et les évolutions technologiques. Il devient alors difficile de savoir précisément qui se connecte, à quoi et dans quelles conditions. Le problème n’est pas la collaboration avec des tiers, mais le manque de visibilité et la confiance implicite accordée à ces accès. Lorsqu’un accès externe est compromis, il contourne souvent plusieurs contrôles internes parce qu’il est considéré comme légitime.
Ces connexions font partie des angles morts les plus critiques en cybersécurité.
Voir clair avant d’agir
En prenant du recul, on réalise souvent que le problème n’est pas une seule porte mal protégée, mais plusieurs points d’entrée qui coexistent. Certains sont connus. D’autres ont été oubliés. Et quelques-uns ne sont plus réellement surveillés. C’est pourquoi la première étape n’est pas d’ajouter un outil de plus. Elle consiste à tester concrètement ces points d’entrée, à voir ce qui est réellement accessible et à comprendre comment un attaquant pourrait s’y prendre. C’est le rôle d’un test d’intrusion. Il transforme des perceptions en faits et remplace les suppositions par une lecture claire de la réalité. Découvrez notre offre de test d’intrusion et faites le premier pas vers une protection plus complète.
Une fois cette visibilité acquise, une autre question s’impose. Qu’est-ce que les attaquants cherchent réellement à atteindre. Bien souvent, ce ne sont pas les éléments les plus visibles. Voyez ce que les cybercriminels ciblent et comment mieux vous protéger dans cet article.
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