Accès : quand les décisions d’hier deviennent les risques d’aujourd’hui

Dans la majorité des organisations, les accès ne sont pas mal gérés par négligence. Ils sont le résultat de décisions prises au bon moment, pour de bonnes raisons. Un projet à livrer. Une urgence à régler. Un employé à remplacer. Un fournisseur à brancher rapidement.

Le problème n’est pas la décision initiale.Le problème, c’est ce qui reste après.

Avec le temps, les accès s’accumulent. Ils se superposent. Ils se transmettent parfois sans être complètement revus. Et graduellement, il devient difficile de répondre simplement à une question pourtant fondamentale : qui a accès à quoi, et pourquoi.

Ce que l’on observe sur le terrain

Chez Kezber, lorsqu’on analyse des environnements clients, un même constat revient souvent. Les accès reflètent l’historique de l’organisation plus que sa réalité actuelle. Des comptes ont conservé des droits qui ne sont plus nécessaires. Des accès temporaires sont devenus permanents. Des rôles ont évolué sans que les permissions suivent.

Ce n’est pas visible au quotidien. Les systèmes fonctionnent. Les opérations continuent. Rien ne semble anormal. Mais cette accumulation crée des chemins que personne ne regarde vraiment, jusqu’au jour où un compte est compromis. À ce moment-là, l’impact ne dépend pas du clic ou de l’erreur initiale. Il dépend de l’étendue des accès qui étaient déjà en place.

Un enjeu de gouvernance, pas seulement de TI

Les accès sont rarement un problème purement technique. Ils traduisent surtout des décisions organisationnelles. Qui doit pouvoir faire quoi. Jusqu’où. Pour combien de temps. Avec quels mécanismes de validation.

Lorsque ces questions ne sont pas revisitées régulièrement, les accès deviennent un angle mort. Et plus l’organisation grandit, plus cet angle mort s’élargit. C’est souvent là que l’on réalise que la sécurité repose moins sur des outils que sur une discipline de gestion dans le temps.

Ce qui fait réellement la différence

Limiter les risques liés aux accès ne passe pas par un grand chantier ponctuel. Ce sont surtout des pratiques simples, mais constantes, qui changent la donne. D’abord, accepter que les accès doivent être revus régulièrement, même s’il n’y a pas eu d’incident. Ensuite, s’assurer que les accès temporaires le restent réellement. Enfin, documenter clairement les accès critiques et les comptes à privilèges, afin de savoir rapidement ce qui est en jeu en cas de problème. Ces décisions ne ralentissent pas l’organisation. Elles lui donnent plutôt une meilleure capacité de contrôle lorsqu’un incident survient.

Et maintenant, on fait quoi concrètement

Si une organisation n’est pas capable de dire clairement quels accès seraient exploitables en cas de compromission, c’est souvent un signal qu’une validation s’impose. Non pas pour blâmer des décisions passées, mais pour comprendre la situation réelle. C’est exactement ce que permet un test d’intrusion. Il ne se limite pas à identifier des failles techniques. Il met en lumière ce qu’un attaquant pourrait réellement utiliser à partir d’un compte existant, en tenant compte des accès en place.

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