Dossier cybersécurité 2026: dans la têtes des fraudeurs

Quand on parle de cyberattaques, on imagine souvent des scénarios spectaculaires. Des données volées, des systèmes paralysés, des écrans bloqués par une demande de rançon. Dans les faits, ce n’est presque jamais par là que ça commence. Ce que cherchent les fraudeurs n’est pas toujours ce que l’on croit. Et surtout, ce n’est pas toujours ce que les organisations protègent en premier.

Sur le terrain, on constate que les attaques ne visent pas d’emblée les systèmes critiques ou les données les plus sensibles. Elles commencent plus discrètement. Par l’observation. Par la compréhension de l’environnement. Par l’identification de ce qui permet d’aller plus loin sans attirer l’attention. Un fraudeur ne cherche pas nécessairement à tout casser. Il cherche d’abord à comprendre comment l’organisation fonctionne. Quels systèmes sont reliés entre eux. Quels accès ouvrent plus de portes qu’ils ne devraient. Quels comptes permettent de naviguer sans être immédiatement remarqués.

C’est souvent à ce stade que le risque réel se situe.

Dans plusieurs organisations, un accès compromis donne plus de visibilité qu’on l’imagine. Un compte peut permettre de consulter plusieurs systèmes, de voir des informations internes, de comprendre les rôles, les processus et les habitudes de travail. Sans bruit. Sans alerte. Sans impact immédiat, visible. Ce type d’accès devient alors un point d’appui. Il permet de tester, d’explorer et de préparer la suite. C’est rarement une attaque frontale. C’est une progression. Ce qui rend cette situation particulièrement délicate, c’est que ces accès existent souvent pour de bonnes raisons. Ils ont été accordés dans le cadre d’un projet, d’un rôle élargi, d’une collaboration avec un fournisseur ou d’un besoin temporaire qui ne l’est plus vraiment devenu. Avec le temps, ces accès s’accumulent. Et la visibilité se perd.

Lorsqu’un incident survient, la surprise vient rarement du point d’entrée. Elle vient de l’ampleur de ce qui était accessible.

Un exemple concret observé sur le terrain

Dans une organisation de taille moyenne que nous avons accompagnée, l’incident n’a pas commencé par une attaque directe sur un système critique. Il a commencé par un accès utilisateur banal, compromis à la suite d’un courriel frauduleux bien construit. À première vue, rien de sensible. Le compte permettait surtout de consulter des documents et d’accéder à quelques outils internes.

Ce que l’organisation ignorait, c’est que cet accès donnait aussi une visibilité suffisante pour comprendre comment les équipes travaillaient, quels systèmes étaient utilisés et quels comptes semblaient jouer un rôle clé. En observant tranquillement l’environnement, l’attaquant a pu identifier un chemin menant vers des accès plus élevés, sans jamais déclencher d’alarme immédiate. Ce n’est qu’en analysant la situation avec recul que l’on a compris que le vrai problème n’était pas le premier compte compromis, mais ce qu’il permettait d’observer et d’atteindre progressivement.

Comment réduire concrètement le risque

Il est illusoire de penser que l’on pourra empêcher toute tentative ou toute erreur humaine. Les fraudeurs s’adaptent, les contextes changent et les environnements évoluent constamment. L’objectif n’est donc pas la perfection, mais la maîtrise de l’impact.

La première chose à valider est la portée réelle des accès. Être capable de répondre clairement à une question simple. Si un compte est compromis aujourd’hui, jusqu’où peut-il aller. Quelles informations peut-il consulter. Quels systèmes peut-il atteindre. Et surtout, est-ce conforme à ce qui est réellement nécessaire. Ensuite, il est essentiel de revoir régulièrement les accès existants. Pas seulement lors des grands changements, mais de façon structurée. Les accès temporaires qui deviennent permanents, les rôles qui évoluent, les fournisseurs qui conservent des connexions actives. Ce sont souvent ces éléments-là qui créent les angles morts. Enfin, il faut accepter que la perception ne suffise pas. Beaucoup d’organisations pensent bien connaître leur exposition. Mais sans validation concrète, cette compréhension repose souvent sur des suppositions.

Pourquoi tester change la lecture du risque

Un test d’intrusion permet précisément de répondre à ces questions. Il ne s’agit pas d’un exercice théorique ni d’un simple rapport technique. Il s’agit de voir l’organisation comme un attaquant la verrait. De comprendre ce qui est réellement accessible, comment les accès peuvent être enchaînés et jusqu’où il est possible d’aller à partir d’un point de départ pourtant banal. Ce type de test permet aussi d’intégrer des scénarios réalistes, incluant des tentatives de hameçonnage ou des usages abusifs d’accès existants. On ne teste pas seulement la technologie. On teste la réalité. C’est souvent à ce moment-là que la lecture change. Les priorités deviennent plus claires. Les décisions sont mieux alignées. Et les actions à poser cessent d’être basées sur des impressions.

Protégér l’invisible

Les fraudeurs ne cherchent pas toujours ce qui est le plus visible. Ils cherchent ce qui leur permet de comprendre, de progresser et d’aller plus loin sans se faire remarquer. C’est pour cette raison que la première étape n’est pas d’ajouter une couche de sécurité de plus, mais de voir clairement ce qui est déjà accessible. Pour discuter de votre exposition réelle et voir comment un test d’intrusion peut s’intégrer à votre environnement, contactez nos experts.

Vous travaillez fort à bâtir votre organisation. Assurez-vous de protéger ce qui compte vraiment.